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Gilets jaunes : quel impact économique sur le secteur automobile ?

Gilets jaunes : quel impact économique sur le secteur automobile ?

Selon une enquête réalisée par le CNPA, les professionnels de l’automobile pâtissent fortement du mouvement des Gilets jaunes. Avec, comme conséquences, une baisse du nombre de clients et du chiffre d’affaires.

 

Alors que le mouvement de protestation des Gilets jaunes prend de l’ampleur, le CNPA a voulu connaître son impact économique sur les métiers de la distribution et des services de l’automobiles. Ainsi, 1 061 professionnels actifs dans six métiers – les garagistes, les distributeurs automobiles, les centres-autos, les stations-service, les écoles de conduite et les recycleurs – ont été interrogés sur les impacts ressentis pour la période du 17 novembre au 3 décembre.

 

Près de 72 % des professionnels ont constaté une baisse du nombre de clients dans leur entreprise, mais ont aussi subi des problèmes d’approvisionnement ou d’annulation. 65 % ont dû gérer des problèmes de livraison de pièces, 58 % ont fait face à des annulations de rendez-vous et près de 45 % ont payé les conséquences d’un retard global de transport. Avec un impact non négligeable sur le nombre de clients, en baisse de 30 % tous métiers confondus, et sur le chiffre d’affaires avec une chute comprise entre 30 et 40 % selon les métiers et les territoires.

 

1 000 euros de perte par jour pour les garagistes

 

En effet, tous les métiers n’ont pas subi le même niveau de perturbations, selon le CNPA, qui évoque "des effets assez disparates selon les secteurs d’activité". Les garagistes, qui ont représenté la majorité des répondants à l’enquête, ont ainsi été fortement impactés par la chute du nombre de rendez-vous, avec une perte estimée, en moyenne, à environ 1 000 euros par jour. Le manque de visibilité des automobilistes au sujet de l’évolution des différentes réglementations n’arrange pas leur affaire, alors que les nouvelles mesures de la transition énergétique prévoient notamment un meilleur contrôle des polluants. "Il y a une grande crise dans le monde automobile et les clients ne réparent leur véhicule de peur des nouvelles réformes", témoigne un professionnel auprès du CNPA.

 

Les centres-autos n’ont pas été en reste : souvent implantés sur les parkings des supermarchés ou zones commerciales, ils ont été les premiers à faire les frais du blocage des routes. Ce qui se traduit à la fois par des difficultés d’approvisionnement et par un repli du chiffre d’affaires de 40 % en moyenne pour la journée du 17 novembre.

 

Retards de livraisons pour la distribution

 

Deuxième métier le impacté, les distributeurs automobiles, déjà mis en difficulté par les 80 millions d’euros de bonus et primes à la conversion avancés aux clients et à ce jour encore non remboursés. Un niveau qualifié de "record" par le CNPA. "Il s’agit d’une fraction parfois très substantielle de leurs résultats annuels prévisionnels alors que certains retards constatés remontent au printemps 2018", note l’organisation professionnelle. S’ajoutent à ce problème des difficultés de livraison des véhicules, mais aussi le comportement attentiste des automobilistes perdus dans le capharnaüm fiscal. "Nous avons une sensation de crispation importante des clients particuliers sur la vente des VN et VO", témoigne auprès un distributeur.

 

Sans compter les difficultés d’accessibilité aux établissements aussi bien pour les clients que les salariés. Pendant le week-end du black Friday, réputé plutôt propices aux affaires, certains ont ainsi dû fermer leurs portes. Des distributeurs, également pénalisés par une activité au ralenti du côté des recycleurs, soulignent de leur côté des retards ou des annulations d’enlèvement des VHU.

 

Des conséquences aussi sur les stations-service et écoles de conduite

 

Enfin, les conséquences sont aussi présentes du côté des stations-service, qui font face à ieurs paramètres combinés, dont des difficultés d’approvisionnement, un manque d’accessibilité, une baisse de la fréquentation, mais aussi une concurrence des grandes et moyennes surfaces avec leurs opérations de carburant à prix coûtant. Sans oublier les potentiels actes de vandalisme.

 

Enfin, les auto-écoles déplorent certaines annulations de leçon de conduite et une chute du nombre d’inscriptions suite à l’annonce d’Emmanuel Macron de baisser drastiquement le coût du permis de conduire. Depuis, une chute de 60 % des inscriptions sur 13 000 établissements a été constatée, soit une perte de 195 millions d’euros de CA au global.

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